Les développements médicaux les plus prometteurs dans un futur proche

Il est difficile de fixer des priorités dans le domaine de la médecine. Les budgets sont toujours inférieurs aux prévisions et le danger de certaines maladies pour l’humanité peut être sous-estimé. Les gens vivent plus longtemps, ce qui signifie qu’ils sont plus susceptibles d’avoir un jour un cancer ou une démence. L’importance de la santé mentale est également discutée comme jamais auparavant. Nous voulons vous parler de développements médicaux qui pourraient potentiellement profiter à tous.

Un contraceptif contre le VIH

Pour tenter de rendre la prévention du VIH plus fiable, les scientifiques ont mis au point un outil réservé aux femmes. Il s’agit d’un anneau vaginal qui libère un médicament antiviral. Diverses recherches cliniques et des gynécologues de renom ont étudié le fonctionnement du dispositif chez des femmes réelles. Les médecins essaient d’utiliser différentes doses de substances actives et différents modèles.

L’anneau peut être utilisé pendant 90 jours sans interruption ou être changé une fois par mois. Le dispositif peut contenir uniquement le médicament pour la prévention du VIH ou son association avec des hormones pour un effet contraceptif. Pour un anneau d’une durée d’un mois contenant uniquement de la dapivirine (un médicament antiviral), l’efficacité de la prévention du VIH a déjà été confirmée. Un anneau ayant une double fonction (contraceptive et prophylactique) n’a pas été étudié suffisamment longtemps.

Traitement de l’herpès pour la prévention de la démence

Presque tout le monde est porteur du virus de l’herpès simplex. Il n’est pas possible d’éliminer ce virus de l’organisme. Il vit dans les cellules du système immunitaire, les neurones et peut ne pas se manifester pendant longtemps. Les éruptions cutanées qui apparaissent lorsque le virus est activé sont désagréables mais pas suffisantes pour lui donner une priorité dans les recherches scientifiques.

La situation a changé à l’automne 2018, lorsque des personnes du monde entier ont commencé à parler de la relation entre la maladie d’Alzheimer, la démence et le virus de l’herpès simplex. Une publication de l’Université d’Oxford a dit que les porteurs d’une mutation particulière sont plus prédisposés à la maladie d’Alzheimer. Le virus de l’herpès s’active périodiquement dans les tissus du cerveau, les endommageant progressivement.

À Taïwan, de nombreuses personnes ont déjà démontré qu’une thérapie antivirale pouvait réduire le risque de démence. Ces données pourraient modifier l’approche de cette maladie dans le monde entier.

Transplantation faciale et croissance tissulaire

Une quarantaine d’opérations de transplantation du visage ont déjà été réalisées dans le monde. Ce n’est pas suffisant par rapport à une greffe de rein, mais cela suffit pour parler des possibilités et des difficultés d’un tel traitement. L’opération peut durer une journée ou plus et nécessite le travail coordonné de plusieurs dizaines de médecins et d’infirmières.

L’opération de transplantation n’est qu’un début car après elle, il reste un risque de rejet de la greffe et une thérapie spéciale est nécessaire pour prévenir cette complication.

Un autre problème, à la fois technique et éthique, est la recherche d’un donneur. Les tissus doivent être frais, compatibles avec le receveur et la procédure doit être légale. Si l’on parle du consentement des proches du défunt, accepter de donner un rein ou un cœur peut être plus facile que de donner le visage de l’être cher à une autre personne.

Les difficultés éthiques et les problèmes liés au risque de rejet seront résolus lorsqu’il deviendra possible de cultiver des tissus à partir de cellules intactes et les scientifiques y travaillent activement. L’université de l’Ohio a mis au point une méthode qui, dans le cadre d’expériences sur des animaux, permet de réparer rapidement tout tissu endommagé, des vaisseaux sanguins aux nerfs. Mais la possibilité d’utiliser cette technologie sur des personnes est encore très éloignée.

Modification du génome et cancer

On parle généralement de la technologie CRISPR dans le contexte de l’édition du génome de l’embryon, avec tous les problèmes éthiques que cela comporte. La naissance du premier enfant génétiquement modifié a été annoncée en Chine, qui, grâce à l’édition du génome, est né immunisé contre le VIH. La nouvelle a provoqué un scandale.

Bien sûr, il s’agit d’une question difficile. D’une part, s’il devient possible de prévenir des maladies congénitales comme la mucoviscidose, il serait formidable de les utiliser. D’autre part, les arguments des opposants à l’édition du génome sont tout à fait compréhensibles : ils la comparent au développement d’armes et soulignent la contradiction du serment d’Hippocrate.

La technologie CRISPR/Cas9 est également discutée dans un autre contexte. Théoriquement, elle peut être utile dans toute affection associée à des mutations de l’ADN, ce qui signifie qu’elle peut devenir une nouvelle méthode de traitement oncologique. En immuno-oncologie, les scientifiques tentent d’appliquer cette technologie afin de modifier les propriétés génétiques des lymphocytes T et de leur faire attaquer les tumeurs.

La première injection de cellules avec des gènes modifiés a été introduite en 2016 chez un patient atteint d’un cancer du poumon en Chine. Les détails n’ont pas encore été divulgués mais les auteurs de l’étude indiquent que « tout se passe bien ». Des études sur la nouvelle méthode sont actuellement menées dans différents pays et des personnes atteintes de différents types de tumeurs malignes y participent.

Pouvons-nous vraiment changer notre avenir ?